Rubrique : Ressources documentaires
Catégorie : Documents & témoignages anciens
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Campine , Braekel ...et Hergnies


Auteur : Collectif - L'AVICULTEUR 1894


La Campine Belge à crête simple

Après les polémiques un peu vives qui viennent de se produire entre aviculteurs belges et aviculteurs français, et même entre belges entre eux, à propos des Campine et des Braekel, quant à la description exacte, à l'origine et aux points à déterminer pour la race mère et pour chaque variété, nous ne nous sentons pas une autorité suffisante pour intervenir dans le débat. Nous voulons laisser le temps et l'opinion faire leur oeuvre d'apaisement et de sélection, et nous attendrons pour déterminer nettement les points de la Campine que les belges soient eux-mêmes tombés complètement d'accord , qu'ils soient arrivés à produire des sujets irréprochables comme type, et sur la forme, la couleur et le dessin desquels il n'y ait plus de discussion possible. Cela ne saurait tarder.

( à suivre ... )


Nous disions dans notre dernier numéro, à propos de la poule campine, que nous n'osions nous prononcer sur la définition précise de ses différents caractères, à cause des discussions actuellement engagées entre différents éleveurs et amateurs spécialistes qui ne sont pas d'accord entre eux, pour fixer les points de leur race préférée.
N'existe-t-il qu'une seule race portant le nom de campine, ou faut-il admettre deux variétés portant les noms différents de campine et de braekel et n'ayant ni la même taille , ni la même forme, ni les mêmes marques dans le plumage quoique se ressemblant absolument à première vue ? Ce n'est pas nous qui prendrons un parti dans la discussion, nous laisserons les principaux intéressés, les éleveurs belges et les amateurs du Nord, épuiser leurs arguments et prendre après réflexion un parti définitif, dont les programmes et les jugements des prochaines expositions nous donneront les résultats officiels et nous nous rangerons alors à l'avis de la majorité. En attendant, il nous a paru intéressant de reproduire une partie d'un article publié par notre excellent confrère, Chasse et Pêche, et dû à la plume de M. J.-J. Joffroy, l'un des juges les plus autorisés de Belgique et résumant assez clairement la question.
Voici comment il s'exprime :
Faut-il faire de la braekel et de la campine deux races différentes ? Pourquoi pas? L'une est grande, large d'épaules, forte de poitrine ; l'autre, petite et gracieuse.
La braekel, telle quelle doit être par sa taille ne s'est guère montrée jusqu'ici dans nos expositions. Nous la voulons très grande, possédant une poitrine à la houdan, une crête volumineuse bien pliée - ceci est aussi nécessaire que chez la leghorn -l'oreillon blanc, les pattes d'un gris bleu. Et la livrée ? Oh ! voilà le point capital, on veut la barre rectangulaire chez le coq comme chez la poule. C'est bien cela, pas de fer à cheval, on exige que le coq porte des marques le plus haut possible sur la poitrine, mais il est reconnu qu'un coq marqué de cette façon donne des poulettes ayant du noir dans le camail. Faudrait-il admettre cette particularité chez la poule, comme on l'exige chez le Hambourg pailleté, ou faut-il continuer à la repousser ?


Nous avons vu à Braekel même et dans ses environs , des millions de poules ; toujours nous avons constaté que celles ayant le camail marqué de noir étaient plus fortes et portaient des crêtes plus grandes. Pourquoi ? On prétend , et cela doit être vrai , que la poule de Campine a été croisée avec une volaille plus grande ( la Brahma , c'est presque certain ) pour augmenter sa taille.
La grande , la véritable poule de Braekel par ses formes, à camail noir , serait-elle le résultat le plus parfait du croisement ? L'autre , que nous trouvons aussi dans le même troupeau , plus petite et ayant le camail blanc , celle qui serait retournée à son type primitif de campine ?
Ce qu' il y a de certain , c' est que la plus forte , qui est la préférée , donne de plus gros œufs et des poulets ayant plus de chair, précieuses qualités pour une poule pratique. Le fermier se soucie peu du plumage ; ce qu'il voit c'est le revenu de la basse-cour. Comme fermier , il a raison.
A première vue , la brahma paraît bien étrangère dans la fabrication de la braekel , pour qui , surtout , ne connaît la brahma que depuis quelques années , comme on la présente dans nos expositions . Mais ce n'est pas de celle-ci que nous voulons parler , c'est de la brahma d'avant le déluge , ayant aux pattes des plumes pas plus longues que cela , la crête simple presque toujours , la taille élancée , les formes moins heurtées , mais le camail herminé. Ceci à rapprocher de ce que nous disions tantôt du camail de la grande poule de Braekel...



Standard de la race d'Hergnies dite de Braekel française
présenté à la Société des Aviculteurs du Nord, le 10 août 1896
par M. Jules LAMY, conseiller.
Messieurs,
En présence de la détermination qui a été prise il y a quelques mois par la Société d'Aviculture de Belgique, de faire de la poule de Braekel une volaille de très fort volume, répondant peut-être mieux aux besoins de ce pays à population très dense, telle qu'on la veut plutôt que telle qu'elle est, il m'a semblé que nous n'avions pas , pour transformer la race de Braekel , les mêmes raisons que nos voisins ; j'ai cru au contraire et vous avez pensé avec moi , quand j'ai soulevé la question à une de nos dernières séances, que nous avions d'excellentes raisons pour maintenir dans notre région du Nord de la France, la race de Braekel avec ses anciens caractères , telle enfin qu'elle s'y perpétue pour le plus grand bien de nos cultivateurs, depuis un temps immémorial.
C'est qu'en effet, notre braekel française a toutes les qualités requises pour être ici, la meilleure des poules de ferme : ponte très abondante et gros oeufs, ponte très précoce des poulettes, qui donnent parfois des oeufs à l'âge de trois mois et demi ; précocité extraordinaire des coquelets, qui peuvent être mangés comme poulets de grain à deux mois, qualité de chair qui ne saurait être surpassée.
Nous ne devons pas perdre de vue que l'aviculture, chez nous, n'est pas une industrie, que nous n'avons pas d'engraisseurs allant acheter dans les fermes, à beaux deniers, de forts poulets destinés à être engraissés puis vendus à des prix élevés.
Nos fermiers n'élèvent pas de volailles pour les vendre; ils élèvent pour entretenir leur basse-cour et la peupler de bonnes pondeuses, consommant peu, donnant beaucoup de beaux oeufs et, par surcroît, leur donnant des poulets très précoces dont ils peuvent se défaire le plus tôt possible et ayant bonne chair.
Nos fermiers n'ont donc aucun intérêt à élever de très fortes volailles d'un entretien plus coûteux, ne pondant pas plus , pondant moins tôt et donnant des coquelets qui doivent atteindre l'âge de quatre à cinq mols, sinon plus, pour être présentables.
Or, j'estime et vous pensez avec moi, que le très gros volume d'une race n'est pas compatible avec la très grande précocité comme chair et comme ponte.
Nous sommes donc dans la nécessité de nous séparer ici de nos excellents voisins les Belges, qui ont parfaitement le droit de décider et faire ce qui leur semble être le mieux à leur point de vue spécial, comme nous avons le droit et le devoir de faire ce que nous pensons être utile pour la région du Nord de la France, que nous habitons, et dont nous connaissons les besoins mieux que quiconque.Or, avons-nous le droit de fixer les points de la race que nous appellerons Braekel française ou d ' Hergnies et de demander que telle que nous la décrivons, elle soit considérée comme une race française et ait sa place dans les expositions françaises ?
La réponse n'est point douteuse, La race de Braekel, l'ancienne est depuis des siècles , fixée dans le Nord de la France et y jouit d'une réputation sans égale comme pondeuse et productrice de poulets de grains exquis.
Quelle est d'ailleurs l'origine de la race de Braekel , de celle qu'on rencontre dans le Nord de la France et le Tournaisis ? est-elle française, est-elle belge?
Bien fin qui le dira , bien érudit et bien osé aussi, car si la petite race de Campine belge existe en Belgique, d'autre part , la race de la bresse grise existe dans sa province depuis toujours et y est réputée entre toutes; or, la bresse grise, l'ancienne , a tous les caractères d'une braekel française trop blanche, ou bien encore la braekel française a l'aspect d'une forte bresse grise trop foncée.
Les soldats bourguignons de Charles le Téméraire ont-ils exporté dans la Flandre française leur excellente race de la Bresse qui aura pu s'y croiser avec la Campine belge à crête simple, et y acquérir par suite un plumage plus foncé, ou bien, ces mêmes soldats ont-ils importé en Bresse la race de Campine à crête simple, qui y serait devenue plus pâle ?
Personne ne le sait. La première hypothèse parait pourtant -être la plus vraisemblable.
Quoi qu'il en puisse être, il reste un fait acquis et indiscutable, c'est que nous avons en France, à l'état non sélectionné, se reproduisant invariablement avec la plus grande fixité, une excellente race de volailles , et qu'il nous appartient d'en fixer les caractères les plus saillants sans que personne puisse y trouver à reprendre ; ces caractères seront ceux que on rencontre partout, les caractères propres de la race , et non des caractères voulus et arbitraires, fixés plus ou moins capricieusement.
Vous avez bien voulu, Messieurs ,trop confiants dans ma longue pratique de notre excellente race, que je sélectionne depuis treize ans , approuver le standard que je vous ai présenté et m'avez prié de l' établir définitivement; je le fais avec plaisir ; le voici : ( suite à la page de la poule d'Hergnies ...)


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